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Perenco, boîte noire pétrolière et toxique en RDC

Perenco, boîte noire pétrolière et toxique en RDC

La société franco-britannique est accusée de préjudices écologiques. Elle a contesté une décision judiciaire et a refusé à un huissier l’entrée dans ses locaux parisiens.

Par Publié aujourd’hui à 21h00

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Une plate-forme pétrolière dans le golfe de Guinée, en janvier 2017.
Une plate-forme pétrolière dans le golfe de Guinée, en janvier 2017. JUSTIN TALLIS / AFP

C’est une société pétrolière particulièrement opaque qui préfère ne pas dévoiler son chiffre d’affaires ni sa structure de gouvernance. Le groupe familial franco-britannique Perenco n’apprécie guère de devoir s’expliquer sur les préjudices environnementaux présumés causés par son activité en République démocratique du Congo (RDC).

Unique entreprise pétrolière opérationnelle dans cet immense pays d’Afrique centrale, où elle extrait 25 000 barils par jour de ses champs onshore et offshore situés dans la province du Kongo Central (ouest), elle est régulièrement vilipendée par les populations locales et des ONG congolaises et occidentales pour ses atteintes à l’environnement.

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« Ce sont des accusations classiques d’ONG », balaie un cadre de Perenco, joint par téléphone au siège parisien du groupe. « Nos activités congolaises sont gérées par notre filiale qui est indépendante. Nous, à Paris, nous ne faisons qu’apporter un support », précise ce responsable qui préfère ne pas préciser son nom. Quelques semaines plus tôt, jeudi 12 septembre, Perenco, a refusé l’entrée dans ses locaux du XVIIe arrondissement de Paris à un huissier de justice. « Je ne vous donnerai rien. Je ne vous laisserai pas faire votre mission », a lâché Tobias Daroczi, responsable juridique du groupe, à l’attention de l’huissier.

Opacité de l’entreprise

Appelés, des policiers ont constaté sur procès-verbal le refus de Perenco de permettre l’exécution d’une décision de justice. Celle-ci avait été prononcée le 2 août par le tribunal de grande instance de Paris, et autorisait un huissier à se présenter sans prévenir pour procéder à la recherche de preuves de la responsabilité de Perenco dans la pollution dénoncée sur le territoire congolais de Muanda où elle opère depuis 2000. Et ce, sur requête formulée par les associations Sherpa et Les Amis de la Terre qui, démunies face à l’opacité de l’entreprise, ont fini par recourir à une procédure civile d’exception. Une façon d’éviter le débat contradictoire pour récupérer des documents en vue d’un procès qui permettrait d’obtenir la reconnaissance de préjudices écologiques.

En vain. « La requête est un tissu de mensonges », selon un conseil de Perenco cité dans le procès-verbal de l’huissier. « Il est inacceptable qu’une entreprise puisse, en toute impunité, faire obstacle à l’exécution d’une décision de justice », déplorent les avocats des ONG, lesquelles disent désormais redouter la destruction de documents éventuellement compromettants par la société pétrolière, dans l’attente d’un procès.


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