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En Catalogne, les indépendantistes devant d’une courte tête

En Catalogne, les indépendantistes devant d’une courte tête

Les bonnes performances des formations indépendantistes dans la région rebelle lors du scrutin législatif de dimanche, compliquent encore la recherche d’une majorité au Parlement par le premier ministre sortant, le socialiste Pedro Sanchez.

Par Publié hier à 19h30, mis à jour hier à 19h33

Temps de Lecture 3 min.

La frontière de la Jonquera, entre la France et l’Espagne, bloquée par des manifestants indépendantistes, à Gérone (Espagne), le 11 novembre 2019.
La frontière de la Jonquera, entre la France et l’Espagne, bloquée par des manifestants indépendantistes, à Gérone (Espagne), le 11 novembre 2019. Felipe Dana / AP

C’était l’une des grandes inconnues du scrutin de dimanche. En quoi la condamnation, le 14 octobre, de neuf leaders indépendantistes catalans à des peines allant de neuf à treize ans de prison, et le regain de tensions dans la région, avec des manifestations de plus en plus violentes qui ont déjà fait près de 600 blessés, allaient peser sur le vote des Catalans ? La réponse, dans les urnes, est loin de montrer une inflexion notable des rapports de force et confirme surtout la radicalisation des blocs existants.

Le Parti de la Gauche républicaine de Catalogne (ERC) a certes conservé dimanche 10 novembre la première place avec 22,6 % des voix, mais il perd deux sièges au profit de la Candidature d’union populaire (CUP), parti séparatiste d’extrême gauche, qui fait son entrée au Parlement espagnol avec la ferme intention de jouer le blocage. « Nous serons les voix ingouvernables et contre le régime », a lancé la tête de liste du parti, Mireia Vehí, au soir des résultats.

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Avec treize députés, ERC est suivi de près par le Parti socialiste catalan (PSC), à 20,5 %, qui maintient ses douze députés mais perd 2,3 points par rapport au scrutin d’avril. La formation sécessionniste Ensemble pour la Catalogne (JxC), le parti du président du gouvernement catalan, l’indépendantiste radical Quim Torra, et de son prédécesseur, Carles Puigdemont, gagne un député de plus, soit huit sièges. « L’indépendantisme va mieux, l’Espagne va bien pire », s’est félicité, euphorique, la tête de liste de JxC, Laura Borras, pour qui « à force de tourner le dos à la Catalogne, l’Espagne est devenue ingouvernable ». Une référence au blocage qui paralyse la politique espagnole depuis le virage indépendantiste catalan.

Rapprochement entre partis compliqué

Depuis que les partis nationalistes catalans ne participent plus au jeu politique espagnol, la formation de majorité s’est effectivement compliquée à Madrid. Longtemps, les conservateurs comme les socialistes ont complété leurs majorités relatives grâce aux voix des partis régionalistes. Chose devenue impossible depuis leur tournant radical.

Les positions antagonistes des différents partis nationaux sur le conflit catalan compliquent de surcroît tout rapprochement entre eux. Ainsi, les socialistes, tenants d’une position modérée, peinent autant à s’entendre sur le sujet avec Podemos, qui défend un référendum d’autodétermination en Catalogne et qualifie les leaders indépendantistes de « prisonniers politiques », qu’avec les partis de droite, qui demandent la mise sous tutelle de la région.


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